Les sports de raquette — tennis, squash, badminton, padel — sollicitent intensément l'avant-bras, le poignet, le coude, l'épaule et les membres inférieurs, avec des blessures caractéristiques : tennis elbow, entorses, tennis leg, tendinites ou pubalgie. Au cabinet Yann Bourrel, aux Milles (Aix-en-Provence), les joueurs de raquette sont accompagnés en prévention comme en rééducation.

Le tennis elbow (tendinite du coude)

Le tennis sollicite énormément les muscles de l'avant-bras : l'une des blessures les plus fréquentes chez les joueurs porte même le nom de la discipline. Lorsque le joueur frappe la balle, le coup provoque des vibrations qui entraînent, avec le temps, une inflammation des tendons du coude — d'où le nom d'épicondylite.

Le tennis elbow n'est d'ailleurs pas une simple inflammation du coude : c'est plutôt une dégradation progressive, dont la phase la plus grave voit apparaître une fibrose puis une calcification, après déchirure du tendon. On le rencontre aussi chez d'autres sportifs (baseball, javelot) et dans les métiers manipulant des charges lourdes, ou impliquant des mouvements répétitifs de supination et de pronation des poignets avec les coudes étendus.

Le premier symptôme est une douleur sur la face latérale du coude. La mobilité du coude n'est pas perdue, mais le patient éprouve du mal à saisir des objets : prendre une tasse de café ou serrer une main devient pénible.

Traitement : après diagnostic, il faut d'abord reposer l'articulation. Le traitement consiste à atténuer les douleurs (cryothérapie, massages, ondes de choc), puis à rétablir les mouvements et la performance du sportif par des exercices de rééducation. Guide complet : comment traiter l'épicondylite.

Prévention : il est impératif de s'échauffer, de monter progressivement en température et de ne pas taper fort à froid. Les tendons et les articulations ont besoin de se chauffer, d'augmenter les glissements entre les structures, et les muscles de s'échauffer pour éviter les lésions. L'idéal : s'étirer après chaque séance — avant-bras, épaules, dos, mais également membres inférieurs. Après une blessure : glacer, comprimer la zone, et prendre contact avec un médecin ou un kiné qui vous guidera dans la guérison.

L'entorse de la cheville

Au tennis, l'entorse de cheville se produit après un mauvais appui, ou après une glissade suivie d'un blocage : le pied se bloque au lieu de glisser, et c'est l'entorse. Il arrive aussi de marcher sur une balle.

La gravité dépend de l'intensité du choc et des éléments touchés. On distingue plusieurs degrés :

  • le simple étirement ligamentaire ;
  • la déchirure de faisceaux ;
  • la rupture de ligaments ;
  • l'entorse avec fracture.

Chez le tennisman, l'entorse se reconnaît à ces signes : gonflements, hématomes, chaleur dans les heures qui suivent le choc, douleurs au mouvement.

Il faut impérativement appliquer le protocole RICE (repos, glace, compression, surélévation de la jambe), penser à prendre des béquilles et consulter un médecin ou un kiné du sport. Prise en charge complète : entorse de la cheville.

L'entorse du poignet

Elle survient le plus souvent en cas de chute sur l'avant-bras : c'est la lésion des ligaments principaux entre l'avant-bras et les os de la main. Au niveau du poignet, ce sont de petits ligaments qui permettent les multiples mouvements — ils sont donc exposés à un risque plus grand de lésion, voire de rupture, et donc d'instabilité.

En cas de choc, la méthode RICE reste efficace : appliquez de la glace dans les minutes qui suivent. L'objectif est surtout de faire « oublier » la douleur au cerveau grâce au froid. Il arrive toutefois que le poignet soit trop sensible à la basse température : dans ce cas, ne forcez pas. Il est important de surélever le poignet pour favoriser le drainage des liquides. Pour les lésions légères, les crèmes ou pommades anti-inflammatoires peuvent suffire. Le kinésithérapeute posera un strapping ou une attelle pour immobiliser l'articulation en attendant d'éventuels examens.

Le tennis leg (claquage du mollet)

Aussi appelé claquage du mollet, c'est un accident fréquent chez le joueur de tennis. Cette pathologie touche le muscle et survient souvent lors d'un mouvement brutal — au tennis, au badminton ou au squash (et disciplines similaires), mais aussi chez les coureurs.

Le tennis leg se reconnaît assez facilement grâce à la douleur située au mollet. Après une telle blessure, le sportif se retrouve dans l'impossibilité de poser le pied. On le confond souvent avec une lésion du tendon d'Achille.

Les dispositions d'urgence à connaître :

  • arrêter le sport et se reposer impérativement ;
  • mettre de la glace sur la blessure pour atténuer l'inflammation ;
  • appliquer un bandage compressif.

Les séances de kinésithérapie favorisent ensuite le retour aux mouvements initiaux (flexion-extension). Une rééducation est impérative pendant et après le traitement : il est important de marcher, sans pour autant forcer sur la douleur.

La tendinite du poignet

Souvent causée par la frappe de balle, c'est une blessure des tendons due à une pratique sportive impliquant excessivement des mouvements de poignet, parfois répétitifs, ou un mouvement brusque. Les amateurs comme les professionnels des sports de raquette en sont souvent victimes : tennis, badminton, squash, padel, ping-pong.

Les symptômes : douleur aiguë au poignet, faiblesse musculaire, limitation des mouvements, gonflement, rougeurs et raideur.

Pour éviter la blessure : s'échauffer suffisamment et s'équiper d'une protection adéquate. N'hésitez pas à prendre régulièrement une pause pour ménager muscles et tendons sollicités et éviter la récidive. Comme pour la plupart des pathologies citées, le traitement impose l'arrêt temporaire du sport : le repos est impératif. Le traitement par ondes de choc donne souvent d'excellents résultats sur ces tendinites.

La pubalgie

Aussi fréquente chez les footballeurs que chez les tennismen, la pubalgie est une pathologie du pubis touchant entre 5 et 18 % des sportifs. La complexité de la structure du bassin (où se trouve le pubis) rend cette pathologie difficile à identifier et à traiter.

Les disciplines les plus touchées : le football, le tennis et les autres sports de raquette, ainsi que tous les sports impliquant un mouvement de pivot ou un changement brusque de position sollicitant le bassin — sauts, steeple, haies.

Beaucoup moins fréquente aujourd'hui, la pubalgie requiert tout de même un temps de repos considérable. Afin de la prévenir, ne sous-estimez pas les exercices d'étirement et de musculation.

La tendinite du tendon d'Achille

Les coureurs en sont les premières victimes : il s'agit d'une inflammation du tendon d'Achille, celui qui relie les muscles du mollet au talon. Les mouvements répétitifs du mollet lors de la course en sont à l'origine, aggravés par un manque de récupération après une séance éprouvante. Le premier symptôme est une douleur au bas du mollet.

Chez les joueurs de tennis, elle est due à une mauvaise adhérence ou adaptation pied-sol. Au moment de la blessure, soulager la douleur reste la priorité, puis réduire l'inflammation avec de la glace. Une fois les douleurs au mouvement disparues, le sportif peut reprendre ses activités et effectuer des exercices d'étirement et de renforcement musculaire ; le port de talonnettes est parfois recommandé.

En définitive, le repos est toujours nécessaire. Les séances de kinésithérapie aident à récupérer rapidement : les techniques manuelles comme la thérapie par ondes de choc favorisent la vascularisation et la cicatrisation de la blessure. Voir la page tendinopathie d'Achille.

Les spécificités du badminton

Considéré comme le sport de raquette le plus rapide au monde (record homologué : un volant propulsé à 493 km/h), le badminton compte aujourd'hui plus de 100 millions de pratiquants et reste le sport de raquette où la participation féminine est la plus élevée. Les badistes jouent avec une raquette bien plus légère qu'au tennis et un volant beaucoup plus léger qu'une balle : les échanges peuvent atteindre douze frappes en moins de 10 secondes.

Les blessures sont le plus souvent causées par la vitesse des mouvements et la brièveté des arrêts. C'est un sport d'endurance : les badistes transpirent autant que les handballeurs ou les volleyeurs. Souvent considéré comme moins difficile que le tennis, il occasionne pourtant des blessures : les plus fréquentes concernent les ligaments des membres inférieurs — ruptures du tendon d'Achille, entorses et déchirures de la cheville — le plus souvent par manque d'échauffement. Particularité : les traumatismes oculaires, bien que rares, y sont plus fréquents qu'ailleurs, la vitesse du volant étant très élevée.

Les spécificités du squash

Sport de raquette pratiqué sur un terrain clos, le plus souvent vitré, le squash compte plus de 30 millions de pratiquants dans le monde. Créé vers 1850 en Angleterre, il a évolué jusqu'à l'adoption de règles officielles en 1924.

La plus grande différence avec le tennis est le terrain : pas de filet, les joueurs frappent la balle contre le mur. Les raquettes sont plus petites, et la balle — en caoutchouc, sphère creuse — est au moins deux fois plus légère qu'une balle de tennis. L'intensité des appuis, des relances et des changements de direction expose particulièrement aux blessures des membres inférieurs et au tennis elbow.

À noter : le cabinet Yann Bourrel est kiné ostéopathe officiel de l'équipe de France masculine de squash sur Aix-en-Provence depuis 2016, avec des interventions sur les Championnats du Monde et d'Europe — voir nos partenariats sportifs.

Questions fréquentes

Comment éviter le tennis elbow ?

Échauffement progressif avant de frapper fort, étirements des avant-bras après chaque séance, matériel adapté (cordage, taille de grip) et prise en charge dès les premières douleurs : plus on attend, plus le tendon se dégrade.

Quand reprendre après un tennis leg ?

Après la phase de cicatrisation et une rééducation complète de la flexion-extension. La reprise se fait progressivement, sans forcer sur la douleur ; le délai dépend de la gravité de la lésion, évaluée au bilan.

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