L'épicondylite (« tennis elbow ») et l'épitrochléite (« golfer's elbow ») sont des tendinopathies du coude liées à des gestes répétitifs, qui se traitent en kinésithérapie par des techniques manuelles, des technologies antalgiques et des exercices ciblés. Au cabinet Yann Bourrel, aux Milles (Aix-en-Provence), ces douleurs du coude font l'objet d'une rééducation adaptée.
Pour une vue d'ensemble de l'anatomie et des douleurs du coude, voir aussi la page tendinite du coude.
Épicondylite ou épitrochléite : de quoi parle-t-on ?
Le coude est réputé délicat à traiter en raison de sa mécanique particulière : il comprend trois articulations fonctionnelles (huméro-radiale, huméro-ulnaire, radio-ulnaire proximale) qui lui permettent des mouvements sur les trois plans de l'espace — flexion/extension et supination/pronation. Une lésion déséquilibre cet ensemble, et l'intervention du kinésithérapeute est nécessaire pour le rétablir.
Deux tendinopathies fréquentes s'y développent :
- l'épicondylite (tennis elbow), sur la face externe du coude ;
- l'épitrochléite (golfer's elbow), sur la face interne. Le tendon épitrochléen permet de tenir un objet à bout de bras (un club de golf, un micro) et d'effectuer les torsions de l'avant-bras, comme tourner une clé. Il est exposé à un risque élevé d'inflammation, surtout chez les golfeurs, joueurs de hockey et conducteurs de véhicules lourds.
Les symptômes : douleur localisée près de l'épitrochlée (ou de l'épicondyle), accentuée à la contraction musculaire, parfois rougeur, chaleur et gonflement. Souvent sous-estimée, cette douleur peut s'accentuer avec le temps jusqu'à devenir handicapante.
Comment traite-t-on l'épicondylite ?
Le thérapeute ne peut prescrire un bon traitement qu'après un examen et une identification précise de la pathologie. La rééducation associe :
- la thérapie manuelle, pour retrouver l'usage de l'articulation et reprendre les mouvements auparavant douloureux ;
- la mobilisation fasciale, pour rééquilibrer les tensions fasciales ;
- les technologies antalgiques : técarthérapie, laser haute puissance et ondes de choc, pour soulager la douleur et stopper l'inflammation ;
- les exercices thérapeutiques, pour retrouver la fonction du coude, restaurer le trophisme musculaire et accélérer la guérison.
Dans certains cas, l'attelle aide à atténuer la douleur : elle doit être suffisamment tendue pour que le patient ressente une pression sur la zone douloureuse.
Les exercices de rééducation, phase par phase
Ces exercices sont à valider et à doser avec votre kinésithérapeute.
Phase 1 : les étirements
Le premier étirement de référence se décompose ainsi :
- fléchir le coude ;
- ouvrir la main ;
- allonger le poignet ;
- dévier légèrement la main vers le côté du pouce.
Maintenir la position pendant une minute environ, selon la gravité du cas et l'avis du kinésithérapeute.
Phase 1 (suite) : l'extension du poignet
Il est également recommandé d'effectuer des exercices d'extension du poignet dès la première phase. On peut opter aussi bien pour des exercices isotoniques que dynamiques, ou encore excentriques, selon la progression.
Phase 2 : le renforcement
Resserrer une balle en caoutchouc plusieurs fois avec la main permet un recrutement des muscles de la main et de l'avant-bras. Pour un meilleur résultat sur les muscles épitrochléens, il est préférable d'effectuer le même mouvement en coordonnant la fermeture de la main avec la flexion du poignet, tout en déviant légèrement le coude.
Comment prévenir l'épitrochléite ?
Certains métiers sont plus exposés que d'autres : golfeur, camionneur, joueur de hockey. Pour protéger les tendons épitrochléens, il est recommandé d'effectuer des exercices d'étirement après une journée de travail, et d'opter pour un massage avec une huile ou une crème adaptée.
Pour les sportifs et les métiers à risque, un examen régulier — annuel voire mensuel — améliore les performances et prévient les lésions graves.
Questions fréquentes
Combien de temps pour guérir d'une épicondylite ?
Le délai dépend de l'ancienneté de la tendinopathie et de votre assiduité (exercices, adaptation de la charge). Le kinésithérapeute définit un plan progressif lors du bilan, puis l'ajuste selon votre évolution.
Les anti-inflammatoires suffisent-ils ?
Ils peuvent masquer temporairement la douleur, mais ne traitent pas la cause : le tendon reste fragilisé et la douleur revient souvent, plus forte. C'est le travail de rééducation qui restaure la fonction du tendon.
Peut-on continuer à jouer au tennis ou au golf ?
En général, il faut adapter plutôt qu'arrêter totalement : réduire la fréquence, revoir le matériel (grip, cordage) et le geste, et respecter la progression définie au bilan.
Un coude douloureux qui s'installe ? Contactez le cabinet à Aix-en-Provence (Les Milles).